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Dans une rencontre à sens unique les Espagnols atteignent pour la première fois de leur histoire la finale de la coupe du monde. Avec un milieu densifié, ils ont annihilé tout espoir adverse. Dans ce match une seule équipe a été en vue. Elle a littéralement empêche l’autre de développé son football. Les coéquipiers de Casillas ont réalisé un match parfait et ont sorti une Mannshaft bien en deçà de ce qu’elle aurait du faire.

Cette confrontation débute par un jeu à sens unique. La Roja commence par une séquence de deux minutes de passes à 10. Les Allemands sont compacts et regardent l’Espagne faire tourner la balle. Les Espagnols jouent même à 12  avec l’entrée d’un stricker. La première étincelle est allumée à la 6ème par un bon ballon de Pedro pour Villa pleine course dans la surface côté droit. L’attaquant du Barça a juste le temps de prolonger mais Neuer bien sorti à sa rencontre repousse la balle. L’Espagne poursuit son effort comme à la 13ème avec une combinaison Xavi Iniesta sur corner côté droit, Iniesta ajuste et centre très (trop) fort pour Puyol qui plonge et tape de la tête mais ça passe au-dessus. L’Allemagne ne peut réagir pour le moment que sur coup de pied arrêté comme à la 16ème avec un corner d’Ozil, Casillas la dévie du bout des doigts heureusement car deux Allemands démarqués attendant au deuxième. Le match déjà tactique, bascule dans une grande léthargie. Les Espagnols n’arrivent pas à percer le premier rideau défensif et s’en remettent à une frappe sans conviction de loin par Xavi Alonso qui nous réveille. (29ème) L’Allemagne répond par Tchokowski qui frappe des trente mètres la balle rebondit juste devant Casillas, mais celui-ci est vigilant et la dévie du bout des doigts. L’Allemagne fini mieux et remonte le bloc, Schweinsteiger peut enfin lancer les offensives et sur une accélération il lance Ozil dans l’axe qui perce, Ramos le rattrape et le bouscule, l’Allemand tombe mais l’arbitre ne bronche pas. Il y avait pourtant bien faite mais c’était en dehors de la surface. L’Espagne conclura cette mi-temps par une nouvelle frappe sans danger pour Neuer.

Au sortir des vestiaires on repart sur les mêmes bases avec une forte présence des Espagnols. Dès la 47ème Pedro met de l’énergie côté droit et provoque. Il élimine, dans un véritable numéro, deux Allemands et rentre dans la surface mais il est bien seul et aucune solution ne se présente à lui. La Roja remet ça à la 49ème, par une remise de Ramos pour Xavi, celui-ci transmet latéralement à Xavi Alonso qui, lancé, prend sa chance aux 25m. La frappe puissante et croisée vient frôler le montant de Neuer. Le jeu est à sens unique et la plus chaude alerte a lieu sur une double attaque à la 57ème. Capdevilla prend superbement son couloir et porte l’offensive. Il combine avec Iniesta à l’entrée de la surface, il donne à Villa qui frappe en pivot mais c’est repoussé par Neuer. Le ballon revient sur Iniesta qui donne à Xavi Alonso, celui-ci effectue une talonnade en relais pour le premier qui part à gauche et centre au cordeau fort. Ca passe devant tout le monde notamment Ramos qui s’était jeté au deuxième. Les Allemands sont pris au piège et sont incapables de répondre même si sur un débordement  et un centre de Podolski coté gauche ; Klose se retrouve seul plein axe. Mais le buteur Allemand manque sa reprise qui se perd tristement dans le ciel de Durban. La Roja se remet au travail et à la 67ème, Iniesta remise sur Xavi Alonso qui envoie un centre plongeant plein axe. Ramos par un superbe appel se trouve à la réception, Podolski a suivi et tacle en embarquant tout le monde. L’arbitre reste impassible sur cette action litigieuse. Les Allemands dans un sursaut s’essaient aussi notamment sur un centre de Klose pour Toni Kroos esseulé au deuxième, sa reprise écrasée est dangereuse mais Casillas veille et s’interpose parfaitement. Les Espagnols n’arrivent pas à faire la décision par le jeu ils la feront donc sur corner. A la 71ème corner tendu de Xavi, Puyol lancé à pleine vitesse depuis les 18m surgit et en pleine course il effectue une tête d’un timing parfait qui fait trembler les filets. C’était imparable. Dès lors c’est aux Allemands de faire le jeu et de tout tenter pour revenir. L’Espagne continue son jeu en bloc et la Mannshaft ne trouve pas de solution à son problème. L’Espagne en profite avec la vitesse de Villa en contre mais aussi avec Pedro et Torres qui remplace le nouvel attaquant de Barcelone. On les retrouve à la 81ème sur un débordement, ils sont à 2 contre 1. Pedro élimine son vis-à-vis, il a Torres plein axe tout à fait seul. On croit au deuxième but Espagnol mais Pedro oublie volontairement son coéquipier. C’est assez scandaleux car les joueurs de Del Bosque pouvaient tuer le match. Ils n’auront pas à le regretter car la fin de match sera parfaitement maîtrisée et pas une action ne viendra faire vaciller l’assurance de la Roja. Les voilà en finale de la coupe du monde, bien déterminer à imposer leur style et porter la coupe dimanche soir.

L’Allemagne après son superbe parcours avait les moyens hier soir d’atteindre une énième fois la finale de la coupe du monde. Emputer de son superbe milieu droit Müller, Joachim Low avait choisi de repartir avec la tactique habituelle en mettant Trochowski en lieu et place du Munichois. Il est clair que ce choix obligatoire n’a pas arrangé ses affaires car le remplaçant n’a jamais été en mesure d’apporter le jeu et de tenir le ballon aussi bien que l’habituel titulaire. Mais plus que ce joueur c’est toute l’équipe qui a raté son match. Non pas tant par timidité et peur de mal faire, mais plus simplement par son incapacité à ressortir le ballon proprement et se dépêtrer du système adverse. Ils ont misé sur leur capacité à jouer proprement et efficacement en contre mais n’ont quasiment jamais pu mettre tout en œuvre. La faute à un bloc jouant très bas, mais là où au tour précédent ils faisaient du jeu hier soir ils se contentés de repousser. La machine ne s’est jamais lancée car les joueurs n’ont jamais été en place. Ils ont alors perdu leurs repères et on a perdu de vue la sérénité habituelle qui les habite. On a vu trop d’erreur de transmissions côté Allemand créer par des distances entre les joueurs plus importantes que d’habitudes. Le pressing adverses n’aidant en rien leurs affaires. Volontairement l’équipe a basculé à gauche cherchant la relation Schweinsteiger-Podolski avec des relais dans l’axe où Ozil a navigué entre les lignes mais n’a jamais su(pu) proposer quelque chose de convenable. Sur ce même côté, Boateng littéralement cramé, n’a pas réussi à relever le défi physique proposé par Ramos, omniprésent et patron du secteur droit. Il a usé les deux latéraux Allemands Boateng et Podolski, ce dernier redescendant défendre aux 16,5m. Schweinsteiger a bien essayé d’impulser du rythme à son équipe et est monté plus haut laissant Khedira seul à la récupération. Mais leurs transmissions étant coupés il est revenu à sa position initial, résigné et impuissant. Ozil s’est alors proposé en milieu relayeur mais face aux boulevards à remonter ils s’est éteint petit à petit. La défense si sereine habituellement a paru fébrile à plusieurs reprises et Friedrich n’a pas eu le même rendement que habituellment. Hier soir une chose est sure c’est que la Mannshaft n’a pas développé son jeu et est passé clairement a côté de son match. Elle peut avoir des regrets car l’équipe a semblé effacé et n’a pas tenté grand-chose, la faute à la peur de perdre, la fatigue mais surtout à l’opposition adverse.

Del Bosque avait deux options : garder Torres et sa composition, ou passer à un milieu à 5 pour densifier son axe et bloquer le point fort de l’Allemeagne, avec éventuellement l’entrée de Fabregas. Ce dernier étant incertain on pouvait penser à la titularisation de Navas excellent face au Honduras, mais non il prenait le contre-pied et Pedro était sur la pelouse au coup d’envoi. Là où l’Espagne a gagné le match c’est par l’omniprésence de ses milieux. Par leur grand nombre et leur hyperactivité ils ont privilégié du jeu très court à une ou deux touches, patientant, cherchant la faille en faisant tourner. Face à une ligne de 5 adverse très denses sur leurs 20m ils ont peiné et se sont englués. Même s’ils se retrouvaient en possession de balle au 30m ils venaient à chaque fois butter et repartaient en arrière. Leur jeu, depuis le début je le penses, à besoin d’un minimum d’espace et de profondeur pour déstabiliser une défense. Ils ont monopolisé le ballon et le terrain en première période. En deuxième mi-temps ils ont laissé les Allemands sortir quelque peu pour créer de l’animation offensive on a alors vu Villa effectuer des courses dans les intervalles et Pedro profiter du champ libre pour provoquer son adversaire directe. L’Espagne n’est inquiétante que lorsqu’il y a un peu de vivacité dans les appels. La bataille a été largement remportée au milieu de terrain où leur jeu en doublement de passes et en appel soutenue dans le dos fait merveille. Xavi a encore joué très juste trouvant Xavi Alonso en soutient ou Iniesta, électron libre essentiel de la Roja. A la récupération on pouvait craindre pour les petits gabarits Espagnols face aux ogres adverses. Mais ils ont une capacité de replacement phénoménale et n’ont pas du tout recours au défi physique. Ils s’appuient sur un positionnement entre les joueurs Allemands empêchant toute transmission. Leur pressing à deux est généreux, permanent et efficaces. L’Espagne a été le chef d’orchestre de cette demi-finale et a su gérer le tempo de la rencontre. Ils ont parfaitement maîtrisé leur match et se hisse fort logiquement en finale. Puyol a su forcer une décision qui ne venait pas, par une tête rageuse. Son match a été en tout point parfait et rassurant quant à ses dispositions. La Roja a montré toute sa maîtrise du système face à une équipe à qui elle n’a donné aucun espoir. Elle peut se concentrer sereinement pour la finale de dimanche cette équipe là à tout pour faire le doublé après sa victoire en championnat d’Europe en 2008.

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