Cette interruption de jeu puis ce report du match n’a pas semblé déranger outre mesure les bleus…pas plus qu’un stade tout de jaune vêtu. Avec une prestation pleine de mordant à défaut d’être parfaite, les joueurs de Blanc ont prouvé qu’ils avaient du caractère
Les compos
Ukraine : Pyatov – Gusev, Mykhalyk, Khacheridi, Selin – Voronin (Devic, 46e), Tymoshchuk – Yarmolenko (Aliyev, 68e), Nazarenko (Milevsky, 60e), Konoplyanka – Shevchenko (cap.). Sélectionneur : Oleg Blokhine.
France : Lloris (cap.) – Debuchy, Rami, Mexès, Clichy – Nasri, Diarra, Cabaye (M’Vila, 68e) – Ménez (Martin, 73e), Benzema (Giroud, 75e), Ribéry. Sélectionneur : Laurent Blanc.
Je ne ferais qu’un seul article ce soir. Le report du début du match ayant décalé mon programme, je suis le match Angleterre Suède en même temps et puis chose exceptionnel je n’avais pas de note, visionnant le match dans un pub Nantais bien sympathique.
Côté Français, Blanc taillait dans la masse et ne prenait pas de gant. Exit donc les Evra et Malouda pour Menez et Clichy. Le but était clair : changer de dispositif et venir mettre énormément de vitesse dans les couloirs.
Après la pause piscine de Donesk, les bleus ont mis une mi-temps pour prendre l’avantage. La première période aura été l’occasion de faire du jeu un peu brouillon. Le système choisi par Blanc suppose un numéro 10 très en mouvement pour couvrir la zone de création et venir compléter les relations couloir. Mais Nasri était aux abonnés absents n’arrivant pas à se situer sur le pré. Il faut dire qu’en 4 matchs il a changé trois fois de postes. On assiste donc à des attaques pas du tout suivi où le porteur vient bien souvent s’empêtrer dans un couloir… et comme les joueurs ne sont pas en place au milieu, changer d’aile devient très compliqué. Mais malgré des fautes techniques qui ralentissent le jeu, on sent que les bleus en accélérant peuvent dépasser l’adversaire.
Ce dernier défensivement est laborieux, se raccrochent bien souvent aux branches pour ne pas se faire dominer au score. L’impact au milieu est relativement faible et leur nombre de ballon récupéré est famélique. Tout juste arrive-t-il à contenir les Français par un cadrage à trois sur le porteur qui empêche les départs d’actions placées. Offensivement ils sont parvenus à être dangereux en venant chercher dans le dos de Debuchy bien souvent. Il y a une zone entre Nasri, Menez et Debuchy qui reste très vide et Rami ne savait pas s’il devait la couvrir ou la laisser à un autre. Et puis psychologiquement Chevchenko fait toujours peur, son coup de patte aussi.
En deuxième Blanc replaçait Nasri plus près de Benzema, avec un Cabaye sur la même ligne que Diarra. Cela avait le donc de remettre en place les transmissions…mais surtout il avait exigé avant le match de voir des joueurs entreprenants. Pas besoin de parler tactique pendant 120ans quand on voit l’envie avec laquelle les bleus sont revenus sur la pelouse. Alors oui parfois c’est brouillon, ça coince, c’est non académique, mais ça fait plaisir à voir. Les débordements de Ribery relayé par Nasri(bien mieux en deuxième) qui passe à suivre à Cabaye etc ça c’est du jeu et même si du coup on s’expose un peu on prend des risques…longtemps que ça n’était pas arrivé.
C’est là que les bleus gagnent le match. Ils ont su élever leur niveau de jeu pour imposer un rythme à l’adversaire.
Le premier but est parfait, une attaque rapide mené par le français du soir ; Frank Ribery et puis la conclusion de Menez. Quelle justesse devant le but ! Malgré un match en demi-teinte le parisien a su délivrer son équipe par un but de classe. 3 Minutes après les appuis soutiens faisant la diff et comme je l’expliquais lundi quand Benzema reviens axe, dézonne et embarque son défenseur direct il libère un espace pour un coéquipier. Mais j’avais réclamé un attaquant supplémentaire, sauf que ce soir c’est Cabaye (encore une belle prestation) qui est à l’affut et viens doubler la mise.
La fin de match aurait pu permettre à la bande à Lloris de tripler la marque mais un manque d’application l’empêchera de corser l’addition.
Défensivement, la France s’expose plus et hormis deux situations elle n’a pas été mise en danger. L’adversaire étant très désorganisé en deuxième le contenir était relativement facile, mais justement en deuxième mi-temps certains ont fait des efforts qu’il n’avait pas faits en première. Par exemple on a vu un Menez relativement plus impliqué lors des taches défensives.
Dans ce match j’ai vu un déclic, dans l’attaque des ballons, dans le rythme. Les bleus ont été au-dessus et à vrai dire ça faisait longtemps que je n’avais pas vu cette équipe se dépasser de la sorte. Attention c’est loin d’être parfait mais quand on est animé de la sorte on peut-être enthousiaste. Et puis ça faisait 6 ans que j’attendais ça, une victoire Française dans une compétition majeure, alors ce soir la France du foot a revu une étincelle espérons qu’elle poursuive son explosion dès le prochain match.
Popularité: 3%


Ce n’est pas parfait, loin de là, mais on sent effectivement qu’il y a quelque chose, un petit truc qui peut se créer dans cette équipe là. La première mi-temps a été très pauvre techniquement (le temps que le terrain récupère du déluge?), avec beaucoup d’approximations, que ce soit avec le ballon ou dans le placement. Coté gauche, la paire Ribéry-Clichy n’a pas été excellente, car inexpérimentée.
Mais les équipes qui ont du talent savent gagner sans être exceptionnelles.
On est encore en chantier, mais les fondations sont bien là…
Lacoste
16 June, 2012