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Dans cet article j’ai regroupé un florilège des déclarations de plusieurs acteurs du monde du ballon rond. Ils s’expriment sur notre thématique du jeu à la nantaise  en tant que protagoniste ou admirateur :

Guy Hillion : On peut avoir vu et regarder Nantes jouer durant sa période faste, en matches ou à la télé, mais c’est un jeu qui demande tellement d’intelligence et de subtilités qu’on ne peut pas l’inventer. Je connais trois entraîneurs qui peuvent faire jouer à la nantaise et apprendre ce football si particulier à leurs joueurs. Ce sont Jean-Claude Suaudeau, Raynald Denoueix et Loïc Amisse. Trois techniciens élevés dans le culte du jeu à la nantaise.

J.C.Suaudeau :  Il faut faire vivre la balle, jouez simple et faites vous plaisir.

 Cest la mobilité qui fait le jeu, afin de ne rendre aucune passe difficile. Il faut donner des solutions au porteur du ballon, il faut concevoir le jeu d’attaque par rapport à la récupération. Le foot est un jeu de passes. 

Le petit défaut de notre formation, on le connait bien. Et Eriksson l’a deviné quand il a dit de Christian Karembeu qu’il pouvait jouer partout. Nous, on donne une culture générale. Nos joueurs ne sont pas prisonniers d’un poste. Voilà notre credo, c’est comme ça que nous fonctionnons. Ils se spécialisent un peu plus tardivement, dommage que ça ne se précise pas plus chez nous, mais ils partent. Que puis-je ajouter ? ils nous enquiquinnent ici parce qu’ils veulent jouer à un poste et ils sont achetés parce qu’ils peuvent jouer à tous les postes. Et on les retrouve en équipe de France à une place qu’ils ne voulaient pas occuper à Nantes

 

Raynald DENOUEIX : au foot, le plaisir est de se comprendre. Il faut jouer court en remontant le terrain, sans sauter les lignes et sur toute la largeur. Courses et passes dans les espaces, transmission de balle précise et rapide, efficacité par un minimum de passes.

Rien ne vaut l’entente entre deux joueurs, pas même une star du ballon rond. Le collectif prime sur l’individuel, car c’est dans ce collectif que l’individu peut s’exprimer et apporter sa pierre à l’édifice durant les 90 minutes.

Didier Deschamps : Ce style tout en mouvement, très rapide, me convient tout à fait. Je cadre parfaitement dans ce jeu. Le jeu nantais réclame une grosse condition physique et nous consacrions beaucoup de temps à cela. Raynald Denoueix et Coco Suaudeau m’ont ouvert à la tactique. A Nantes, à force de répéter mille fois les gestes, ils deviennent naturels … pour moi, l’important sera toujours la victoire

L’entrainement de Coco est très particulier. Il est basé sur la diversité. Coco s’efforce que chaque exercice soit une interrogation. Il ne l’explique pas afin que le joueur ait la démarche de le déchiffrer, d’apprendre par lui-même. Chaque nouveau doit surmonter une épreuve de compréhension sur le mouvement de ses partenaires. C’est vraiment le top !

C’est dur de sortir du cocon nantais, vous savez. Vous êtes imbibés d’une culture tactique, vous partez dans un autre club et, là, vous vous rendez compte que l’on ne joue plus de la même manière ! vous avez l’habitude d’humilier vos adversaires et d’un coup, vous êtes dans un contexte différent. Pas facile …

 

Robert Budzinski

Il nous est déjà arrivé, par le passé, d’enrôler un joueur à personnalité individualiste, pour nous enrichir de ses différences. On a pris des gifles, avec Gadocha, Blazevic, Jacovlevic par exemple … je crois que certains joueurs français rêvent de venir chez nous. Mais ils ne le disent pas. Nantes est un monstre de jeu. Ca fait peur. Les joueurs qui ont déjà une réputation n’oseront pas forcément le remettre en cause chez nous. Je suis certes un peu prétentieux dans ces propos, mais je le pense. Et puis, à 25, 27 ans, la consécration, ça reste souvent Paris. Mais nous n’attendons personne pour améliorer notre manière de jouer. Nous avons ce qu’il faut ici …

Je crois qu’au-delà de la valeur individuelle de mes joueurs, ce qui est bien plus important, c’est la prise de conscience de leur valeur collective. C’est pourquoi, bien plus que d’un système ou d’une organisation de jeu, c’est d’une conception de jeu qu’il faut parler en ce qui concerne Nantes. Ou si vous préférez d’un état d’esprit que je peux traduire de la manière suivante : chacun essaie de se fondre dans l’ensemble et fait confiance au partenaire. 

 

Antonetti

Je parle beaucoup de Suaudeau car il m’a marqué. Depuis, aucun entraîneur ne l’a égalé en France. Quand on voyait son équipe, elle avait quelque chose en plus : le talent. Et il avait cette faculté à faire jouer son équipe. Sincèrement, en 1995, il n’avait sans doute pas les meilleurs défenseurs du championnat. Et pourtant, le FC Nantes avait terminé avec la meilleure défense du championnat. Il y avait aussi des joueurs athlétiques comme Karembeu, Decroix. Mais il y avait une véritable identité de jeu, une connaissance technique, une culture du mouvement.

 

Pedros

J’ai une très grande fierté d’avoir travaillé avec lui.(en parlant de Suaudeau) C’est un casse-couilles mais c’est quelqu’un de super. Il apporte un tel savoir sur le plan du jeu. J’étais comblé quand j’étais avec lui. C’est difficile de trouver ça ailleurs

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