Beaucoup de pessimistes mettent en avant la pauvreté de notre championnat de ligue 1, qui soit disant n’attire plus les grands joueurs. C’est un fait mais loin d’être moins reluisant notre championnat souffre de la concurrence déloyale des championnats étrangers. Ceux-ci empile les dettes comme ils empilent les salaires le tout paisiblement. Alors à quand un PSG, un SM Caen ou un Bordeaux avec 215millions de dettes ???
God save the premier league
En Angleterre, tout le monde se rappelle de la ruine récente du club de Porstmouth. Pompey placé en redressement judiciaire depuis le début de l’année affichait un déficit de plus de 140millions d’euros. Incapable de la combler suite malgré son rachat,le club s’est vu infliger une pénalité de 9points synonyme de relégation vers les profondeurs du football. Loin d’être un cas isolé outre-manche la premier league vit au dessus de ses moyens car c’est pas moins de 15 de ses représentants rencontrent de graves difficultés financières.
Pourtant avec un chiffre d’affaires 2008/09 dépassant les deux milliards d’euros, la Premier League domine économiquement le monde du football. De loin le plus médiatisé au monde, le championnat anglais de football a attiré ces dernières années de nombreux investisseurs étrangers, russes, nord-américains ou moyen-orientaux. Las, la crise financière n’a pas épargné les milliardaires et l’endettement massif des clubs (13 milliards de livres) commence à poser problème.
Au point que le paiement global des intérêts est supérieur à la rentabilité de la première league. Aucun autre secteur économique ne peut survivre à un tel niveau d’endettement, même dans une conjoncture normale. C’est donc bel et bien une bombe à retardement quand on sait que quatre-vingt-sept pour cent des revenus des clubs de la Premier League sont réservés aux joueurs sous forme de salaire. Une part trop dangereusement élevée
Créée en 1992, la Premier League s’est rapidement imposée comme le championnat de référence. Avec la plupart des meilleurs joueurs du monde et des buts à profusion (trois par match, en moyenne, la saison dernière), la vente des droits pour la retransmission des matchs bat record sur record.
Pour la prochaine période 2010-2013, la ligue de football britannique a empoché plus de 2 milliards d’euros, un chiffre en hausse de 5% par rapport aux 3 saisons précédentes. Une somme qui n’inclut pas les 2,4 milliards d’euros dépensés par les pays étrangers pour diffuser les grosses affiches. Si, jusqu’ici, l’édifice tient bon, combien de temps cela pourra-t-il encore durer ?
Les turbulences que rencontre la Premier League se ressentent déjà sur les places boursières, où figurent huit clubs britanniques, parmi lesquels Arsenal, Tottenham et Manchester City. Depuis 2008, les indices Dow Jones Stoxx Football et Bloomberg European Football Club, qui mesurent la rentabilité des clubs européens cotés en Bourse, ont perdu plus de 25 points.
Ensuite, pour éponger sa dette, MU vient d’émettre 576 millions d’euros sur les marchés obligataires et réfléchit à vendre son stade ainsi que son serial buteur, Wayne Rooney. Idem pour Liverpool, qui cherche à se débarrasser de l’Espagnol Fernando Torrès.
Si chaque club procède de la sorte, la crainte d’assister à une dégradation du spectacle offert sur les terrains se renforcera. Dans pareil cas, les diffuseurs seraient-ils toujours prêts à dépenser des sommes folles pour s’octroyer les droits d’un championnat en perte de vitesse ? Et les supporters à continuer de payer en moyenne 43 euros pour aller au stade ? Pas sûr. Si rien n’est fait, les conséquences financières pourraient être fatales à la Premier League. Et si des décisions sont prises, les nouvelles exigences imposées aux clubs nuiront à leur attrait sportif et financier. Décidément, en Grande-Bretagne, le football ne tourne plus très rond.
Et en Espagne ?
Avec le Real Madrid (420 millions d’euros) et le FC Barcelone (405 millions) qui ont animé le marché des transferts l’été dernier en investissant respectivement 255 et 112 millions d’euros, le football espagnol peut se targuer d’occuper les deux premières marches du football européen en matière de chiffre d’affaires. Mais derrière, le tableau est beaucoup moins reluisant. La crise de l’immobilier a touché de plein fouet le secteur qui a longtemps compté des promoteurs et des constructeurs au rang de ses flamboyants investisseurs.
Payant des années d’excès, les vingt clubs de première division affichent un endettement de 3,4 milliards d’euros dont 1,7 milliard à court terme. Et si le Real (683 millions) et le Barça (490 millions) paraissent en mesure d’honorer leurs engagements, le FC Valence, troisième de l’actuel championnat, vit sous perfusion traînant une dette de 500 millions d’euros. Une dizaine de clubs professionnels de première et deuxième divisions se trouvent en cessation de paiements.
Tous ne sont pas le Real Madrid. Le club de la capitale espagnole a augmenté son bénéfice net de 11,5% lors de la saison 2009-2010. Celui-ci est donc passé de 21,5 millions d’euros en 2009 à 24 millions d’euros cette année. Leader, avec Manchester United, du secteur de la vente de maillots, le club merengue voit donc sa politique d’achat de stars valorisée par ces chiffres, bien qu’il n’ait rien remporté sportivement.
Avec 442,3 millions de revenus annuels, le Real peut se vanter de toucher plus d’argent que n’importe quelle autre institution sportive au monde. Des revenus importants qui ont permis au club de diminuer sa dette nette de 25,1% cette année. Celle-ci reste bien sûr colossale puisqu’elle se situe aux environs de 244,6 millions d’euros. Mais en ces temps de disette pour le monde du football, ces chiffres doivent satisfaire Florentino Perez, le président madrilène, et son équipe.
La Bundesliga : l’autre exemple
Les clubs Allemands affichent comme leurs homologues Français un bilan financier confortable. Les chiffres pour la saison 2008/2009 avait fait apparaître des recettes totales d’1,4 milliard d’euros, pour un bénéfice d’exploitation de 136 million d’euros. Le plus titré d’entre eux, le Bayern Munich, capte à lui seul 295 millions d’euros de recettes. Quelque 69.000 spectateurs se massent dans la Allianz Arena lors de chaque confrontation, ce qui tire vers le haut la moyenne du championnat qui culmine à 42.600 spectateurs par match.
Les 18 clubs allemands de l’élite voient les investissements réalisés pour la Coupe du monde 2006 se rentabiliser. L’argent est allé dans les infrastructures, moins dans l’achat de joueurs vedettes. S’ajoute la règle des “50 1″ imposée par la fédération qui empêche des investisseurs externes de prendre la majorité d’un club. Ce qui peut apparaître comme une protection contre l’apparition de modèles financiers plus risqués.
Surveillance budgétaire : sanctions
Les championnats européens n’ont cessé de dénoncer une concurrence déloyale, tant les contraintes budgétaires imposées par leur fédération les pénalisent face au modèle britannique. En réaction, Michel Platini, a fait voter en septembre 2009 une nouvelle arme de régulation. Avec pour objectif de favoriser la loyauté financière dans les compétitions européennes, son nom : le « fair-play financier ».
Cet accord exige que chaque club est obligé de présenter un bilan financier équilibré. En cas de situations de surendettement répétées au cours d’une période de trois ans, le club pourrait se voir exclure de la Champions League, la plus prestigieuse des coupes d’Europe, dès la saison 2013-2014.
Dans le même temps, le directeur général de la Premier League, Richard Scudamore, s’est engagé à davantage de vigilance sur le budget transferts des clubs. Une procédure pourra désormais être engagée quand les contrôleurs aux comptes auront des doutes sur la viabilité d’un club.
Nos clubs Français tirent la langue et peinent souvent pour la plupart à boucler un budget. En face les irrégularités de leurs voisins sont absolument hallucinantes. Tout reposent sur un système on ne peut plus bancal. Si le plan de Platini fonctionne on devrait voir une baisse des salaires des joueurs et surtout moins de mouvement entre clubs. D’ici à revoir des championnats à égalité au niveau de l’attractivité il n’y a qu’un pas. Le football Français est lui déjà prêt depuis très longtemps.
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