Dans un match bétonné, terni par une ambiance pourrie, les Barcelonais ont pris une sérieuse option sur la qualification. Bousculés lors de la finale de la coupe du roi une semaine auparavant, les joueurs de Guardiola ont répliqué aux Madrilènes qui ont fini par sortir de leur match.
Real Madrid : Casillas (cap.) -- Arbeloa, Sergio Ramos, Albiol, Marcelo -- Diarra, Pepe, Xabi Alonso – Özil (Adebayor, 46e), Cristiano Ronaldo, Di Maria. Entraîneur : José Mourinho.
FC Barcelone : Valdes -- Alves, Piqué, Mascherano, Puyol (cap.) -- Xavi, Busquets, Keita – Pedro (Afellay, 71e), Messi, Villa (Sergi Roberto, 90e). Entraîneur : Josep Guardiola.
Les Buts :
Messi 76ème : Madrid 0-1 Barcelone
Xavi oriente le jeu côté droit sur Affelay qui provoque Marcelo et le grille sur une percussion efficace, le Barcelonais centre au cordeau pour Messi qui reprend à bout portant
Messi 85ème : Madrid 0-2 Barcelone
Messi hérite du ballon à 40m du but adverse et choisi de percer la défense. Il fixe les défenseurs centraux puis se décale sur la droite et marque du plat du pied dans le petit filet opposé…le tout en laissant 4 joueurs de Madrid à la rue.
Le jeu
Difficile de parler de jeu dans cette rencontre tant celle-ci a été ternie par des fautes et du mauvais esprit. En témoigne les plus de 40fautes et les 3 cartons rouges de ce match. Néanmoins….
Madrid nous ressert la composition de la finale de la coupe du roi : avec un milieu très dense à 5 : Xavi Alonso et Diarra à la récup dans l’axe, Pepe un peu plus haut, Di maria et Ozil de chaque côté et enfin CR7 en pseudo attaque.
Barcelone a composé avec ses absents et notamment Iniesta remplacé par Keita, le reste est classique avec Busquets à la récup Xavi à la distribution puis devant le trio Pedro Messi Villa. A noter aussi le retour de capitaine Puyol qui prend place dans le couloir gauche du fait des absences conjuguées d’Abidal, Adriano et Maxwell.
Le début de match semble être la suite logique de celui de mercredi dernier : les madrilènes sont en place et laissent l’initiative aux barcelonais. Là où est la différence c’est que Guardiola a placé Villa et Pedro de part et d’autres du terrain et souhaites du jeu sur les côtés afin d’éviter la grande faucheuse que constitue le milieu Diarra Alonso Pepe. De plus Barcelone repart de très bas avec une ligne de construction placée sur ses 35m. Guardiola a tiré les leçons du précédent match et ne veut pas se dévoiler totalement. Le but est de faire courir les Madrilènes qui, on l’a vu, ne peuvent tenir un gros rythme durant 90minutes. On assiste à une passe à 10 peu efficace dans l’optique de l’ouverture du score mais excellent dans la fatigue de l’adversaire.
Madrid ne sort que très rarement et le trident axial dispose de moins de fougue que la semaine passée. Dans le pressing ils sont toujours aussi présents ne laissant le moindre cms de liberté au porteur de la balle, dès qu’il se trouve à 40m du but de Casillas. Néanmoins ils sortent encore moins et on ne voit Diarra ou Ozil monté que lorsque tout le bloc participe ou lors de coup de pieds arrêtés.
Barcelone défensivement a rectifié le tir et ne laisse plus aucune chance de développement d’action avec des interventions très prompt de Piqué et Busquets. Madrid ne parvient pas à récupérer le ballon et durcit énormément le jeu, Barcelone ne s’en laisse pas compter et on assiste dans le dernier quart d’heure de la première mi-temps à une rencontre au rythme haché comme certaines chevilles de joueur. Dans ce brouillon Barcelone ouvre enfin des brèches et profitent pour placer Xavi plus haut sur le terrain, venir combiner avec Messi entre les trois sentinelles adverses.
En deuxième mi-temps on reprend le même schéma avec encore plus d’agressivité. Madrid réalise 10 bonnes premières minutes et se dévoile enfin. Adebayor est entré et sert de point d’ancrage pour ses coéquipiers, il tient le ballon le bloc remonte. Marcelo participe au jeu ce qui a pour conséquence de laisser le couloir libre pour Alves qui va être à l’initiative du réveil Barcelonnais. Xavi prend son temps et donne le tempo il trouve de plus en plus facilement Messi puisque ses gardes sortent petit à petit de leur match trop occupés à arbitrer et à pourrir l’ambiance. La preuve Pépé est expulsé sur une énième agression suivi par son entraîneur sorti pour avoir adresser un ironique « excellent » à l’arbitre. Madrid perd le fil à ce moment et ne pense plus vraiment au foot. Barcelone en supériorité arrive à créer des décalages que seul le jeu apporte en temps normal. Villa touche ses premiers véritables ballon. La fin de match verra le doublé de Messi parmi un florilège d’agressions et autres tacles, simulations et autres embrouilles. Pas un splendide spectacle.
Là où Mourinho s’est planté c’est que ses joueurs n’ont pas su faire preuve de suffisamment d’intelligence durant ce match. Ce qu’ils avaient fait il y a une semaine était parfait. The special One voulait ré-édité avec un dispositif identique à 5 voir 6 milieux de terrain harcelant le porteur du ballon. Malheureusement pour eux ils ont mis trop en avant leur orgueil et leur trop grande fierté. Ils n’ont pas été assez disciplinés dans la tactique et n’ont pas du tout eu l’impact physique que réclamait cette confrontation. A aucun moment ils n’ont été en mesure de créer du football et d’appliquer la tactique de Mourinho. Impuissants ils ont basculés dans la provocation et le foot violent. En gros : un match complètement raté.
En face Guardiola a compris la leçon et a secoué ses joueurs ! Habitué à faire triompher leur football sans être secoués ils ont du revoir leur copies. La semaine passée ils s’étaient fait bousculés et n’avaient pas eu le répondant nécessaire ; se faisant manger comme des petites bêtes. Hier soir c’était tout l’inverse et le Barça n’a pas fait le fainéant dans les basses œuvres lui non plus. C’est ça qui a contrarié les Madrilènes. Barcelone ne s‘est pas laissé secoué pendant 90minutes. Dans le jeu les coéquipiers de Xavi ont donné le tempo sans trop s’exposé sachant que Madrid allait plié par manque de coffre physique. L’apport de Keita au milieu, même s’il est moins technique qu’Iniesta a permis de stabiliser le jeu et d’apporter du répondant au milieu adverse. Le défi tactique a été clairement remporté par Guardiola pour moi, il a su modifier ses plans et s’adapter à son adversaire du soir la preuve que Barcelone est une grande équipe.
L’équipe la plus intelligente a gagné, Madrid a fait clairement un complexe de supériorité et est sorti du match ne disposant alors pas de la rigueur qu’imposait le dispositif de Mourinho.
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