Ce match si il n’a pas été très joli à regarder, n’a pas pour autant été dénué de jeu. Et si une équipe s’est efforcée à en créer l’autre s’est appliqué à le détruire. Si il restait des indécis avant cette finale parmi les amateurs de football nul de doute que Van Bommel et sa bande ont du faire pencher la balance du côté des Espagnols.
Les Pays-Bas détruire pour mieux s’introduire.
Les Pays-Bas si ils voulaient avoir la moindre chance de l’emporter devait s’efforcer d’empêcher le jeu Espagnol de se développer. Et ils s’y sont appliqués. Tactiquement disposés en 4-2-3-1 ils se sont d’abord acculé sur leurs 16.50m le temps de mettre en place leur défi physique. Au bout de 10minutes à se régler, les Bataves ont montré leur science du placement en phase défensive en comblant systématiquement le moindre espace. Leur atout principal étant la solidité ils s’en sont servis à fort mauvais escient sur le plan de l’esthétique mais très justement pour casser le rythme. Ainsi les Espagnols n’arrivaient jamais à développer le moindre jeu à plus de trois passes. A chaque fois le milieu et la défense Néerlandaise s’évertuaient à anéantir l’action par des interventions musclées voir inacceptables. Dans le jeu ils n’avaient absolument aucun moyen de rivaliser. Leur milieu trop lent à la relance et au relais ne pouvait propulser une attaque pourtant très vive. Ils s’en sont remis à de longs ballons à la recherche de Kuyt qui a été bien transparent. Ils ont trop compté sur leur vivacité à récupérer le deuxième ballon sur phase aérienne et on pris ainsi trop de raccourci dans l’élaboration de leurs actions. En première mi-temps cela a fonctionné puisque leur ligne de récupération était haute avec une distance de 45m mais elle n’a eu de cesse de diminuer en deuxième pour la ramener à 35m en fin de match. Preuve que les Pays-Bas se sont fait au final submerger. Leur seul moment d’efficacité fut dans le jeu au sol rapide passant par la plaque tournante Sneijder pour Robben. Devant Van Persie en rôle de pivot a mangé du Puyol et du Piqué : parfaitement inoffensif.
Leur but était clair, faire déjoué l’Espagne en cassant le rythme voir les joueurs ; et profiter de la finesses de passe de Sneijder et la folie et la vitesse d’un Robben une nouvelle fois intenable. Ca a failli marché il leur a manqué un brin de réussite comme sur le un contre un sorti par Casillas. Le parcours des Oranjes est honorable même si dans le jeu ils n’ont pas été aussi flamboyants que les autres demi-finalistes. Ils ont montré une très grande imperméabilité défensive condition première pour s’offrir un titre de champion du monde mais sur ce match il ne méritait absolument pas.
Espagne : sortir la tête de l’eau et faire renaître son jeu.
Et depuis quand le mérite intervient dans le résultat au foot ? On a longtemps cru que les Espagnols n’allaient pas se dépêtrer du piège orange et allaient finalement plier sur un contre assassin. Mais ils s’en sont sortis par une reprise d’Iniesta. Bien plus que de la victoire, l’Espagne peut être fière de ne pas avoir renoncé à faire du jeu et avoir su se contenir face aux provocations adverses.
Disposés dans le même 4-2-3-1 qu’en demi-finale, les Espagnols ont pris le temps d’entrer dans le match. Ils ont eu clairement deux visages dans cette partie. En première mi-temps ils se sont peu risqués dans la partie adverse s’appliquant à ne pas trop se découvrir. Iniesta jouant très proche de Xavi et dosant méticuleusement ses montées. Il a laissé à Pedro l’animation. Si le barcelonais a fait l’essuie glace au milieu proposant de part et d’autres du terrain, son apport en terme d’offensive a été peu influençables tant il a été noyé dans la marée orange. Conscient que la moindre grosse offensive de tout le bloc pouvait se traduire par une contre attaque dévastatrice adverse ; la roja a pris le temps de construire ses actions. Ils sont partis tranquillement de derrière avec une ligne de récupération en première de 37m. La relation Piqué-Alonso a été utilisée à bon escient pour faire sortir l’adversaire dans l’axe et orienter souvent avec Ramos. Celui-ci a été précieux dans l’apport de vitesse et de percussion dans le couloir droit. Le couloir gauche lui a été trop inoccupé. En première mi-temps ils ont cherché souvent Villa dans le dos de la défense sans résultat ainsi que sur coup de pied arrêté avec les bons joueurs de tête. Dans le jeu les transmissions n’aboutissaient pas, bloquées par le milieu défensif adverse bien positionné et usant de son intimidation de plus le manque de liant entre les joueurs espagnols a coupé leur jeu en mouvement.
En deuxième tout a changé. Del Bosque a revu son système en remettant les clefs à Iniesta qui a repris son poste en créatif libre plein axe. Pedro en a fait les frais et l’animation du couloir droit a été donnée à Navas. Collé au défenseur du couloir, il a monopolisé l’attention créant des espaces pour les montées de Ramos et se créant des espaces sur les incursions d’Iniesta près de lui. Sa qualité de centre a permis d’harceler une défense centrale orange qui s’est asphyxiée avec le temps pour finir carbo en prolongation. L’Espagne a alors repris son activité habituelle montant les ballons par Xavi véritable aimant à ballon (115ballons disputés !!!) et s’appuyant sur l’animation d’Iniesta. Del Bosque a bien senti qu’en face ça ne répondait plus autant et a enfoncé le clou avec l’entrée de Fabregas qui a encore plus insisté par le jeu et apporté des solutions en circulant très haut et proche de son attaquant. La solidité de Xavi Alonso en défensif a permis de s’exposer plus en deuxième. La roja aurait pu rater sa deuxième mi-temps par trop de frilosité au contraire avec le replacement d’Iniesta et les entrées de Navas et Fabregas l’équipe a remis en place son organisation et a misé sur le jeu. Puyol a encore au courage réalisé une très bonne prestation même si il n’était pas loin du rouge pour une faute sur Robben. Enfin comment ne pas féliciter la prestation du capitaine Casillas, rassurant et déterminant lors de cette finale il peut ajouter la seule ligne qui lui manquait à son palmares. Cette équipe s’est efforcé de continuer dans sa ligne directrice. Bien recadrée à la mi-temps par son technicien, l’équipe et le collectif ont su se remettre en question et repasser au sol en multipliant les courses croisés et les provocation ballons au pied.
Arrivant en Afrique avec le statut de favori, ils repartent avec la coupe. C’est ce qui s’appelle un job bien fait pour un titre mérité. Cette équipe en était une vrai : vaillante, complémentaire et ambitieuse. Bravo !
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